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Pascal Zavaro




Compositeur et percussionniste, Pascal Zavaro, après avoir
étudié au C.N.S.M de Paris, acquiert une large expérience
au sein des grands orchestres parisiens, pour découvrir
ensuite les percussions japonaises à la Toho Gakuen de
Tokyo, et tout particulièrement auprès de la prodigieuse
soliste de marimba qu'est Keiko Abe. Devenu lui-même
virtuose de cet instrument, il interprète alors nombre de
pièces solistes et de concertos à travers le monde, avant de
se consacrer uniquement à la composition, à la fin des
années quatre-vingt.

L'improvisation et les nombreuses transcriptions que Pascal
Zavaro a dû effectuer pour son instrument l'ont mené
naturellement à la composition. Et si la percussion ne tient
dans ses oeuvres qu'une place assez limitée, on ne peut
que remarquer combien sa musique est avant tout
gouvernée par une pensée rythmique, se nourrissant
d'influences telles que le rock, Stravinsky, Bartok, ou
certaines partitions de Steve Reich.

Le principe stravinskien du développement rythmique,
poussé ici à son paroxysme, l'écriture canonique, une
tension dramatique permanente s'appuyant sur une
harmonie rugueuse et tendue, caractérisent des partitions
comme Boogie ou Portrait (1993).
Dans Bacanal, dans le Slow des Trois danses, dans Spirale,
des strates rythmiques de différentes vitesses glissent les
unes sur les autres, libres de leur propre mouvement, et de
leur rencontre semblent naître les mouvements
harmoniques et mélodiques.

La prééminence du rythme dans la musique de Zavaro
s'incarne souvent dans des mouvements de danse, comme
le Boogie, le Slow, et le Mambo des Trois danses en
sextuor, ou la valse de Solennels parmi les couples sans
amour.

Sa musique n'incarne pas des sentiments intérieurs, elle les
dépeint. Elle est celle d'un spectateur du monde, qui garde
ses distances, non sans ironie parfois, à l'exemple de Rest
pour violon et piano (1992). Dans Slow et ses suaves
nappes de cordes, son thème élégiaque de clarinette, le
compositeur s'est imaginé une piste de boîte de nuit et un
vieux couple enlacé pour une dernière danse, qui s'achève
dans une aurore blafarde. Ce lyrisme évocateur se retrouve
dans Tag pour quatuor à cordes, où le nom musicalisé de
Brahms, est "tagué" tout au fil de la partition, comme sur
les murs d'une ville moderne.

La grande cité d'aujourd'hui, voilà une métaphore qui peut
nourrir notre appréhension de la musique de Zavaro : son
kaléidoscope de formes, de vitesses, de mécanismes
virtuoses, sa modernité, sa somme de tensions et
d'angoisses, ses hommes en mouvement, lignes qui se
côtoient, se croisent, se rencontrent ou s'ignorent (Bacanal,
1995). En 1996, le Louvre lui commande une musique pour
le film muet de Sergueï Eisenstein La Grève. Tout comme
les images qu'elle accompagne, une grande fresque
d'effervescence urbaine et sociale, cette partition résume à
elle seule l'univers du compositeur.

Parmi ses pièces récentes, Laps, pour quatuor de
saxophones et bande magnétique, ainsi que son concerto
pour violon électrique, Silicon music, allient l'électronique
aux instruments traditionnels, poussant encore plus avant
cette confrontation entre une modernité froide et
mouvementée et ses soudains débordements d'émotion
humaine.

Après Stratus, pour l'Orchestre Philharmonique de
Montpellier, Pascal Zavaro vient d'achever Flash, une
commande pour l'Orchestre Philharmonique de Radio
France.

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